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iPad Mini, mais il fait le maximum

Débarqué on ne peut plus tardivement sur le segment déjà bien préempté des tablettes flirtant avec les 7 pouces, l’iPad Mini d’Apple est pourtant déjà en voie de faire de l'ombre à ses concurrents et de cannibaliser ses propres ventes d’iPad 4 Retina. Retour sur un succès qui promet d'être phénoménal.
Et pourtant il tourne

Non, il n'a pas d'écran Retina. Oui, il est cher au regard de ses concurrents directs, bien installés et sévèrement équipés (Nexus 7 et Kindle Fire HD en tête). Non, il ne présente pas d'innovation fondamentale par rapport à ses grands frères. Et pourtant l'iPad Mini aurait déjà franchi le cap des 6 millions d'unités vendues. Des ventes monstres amenées à doubler et à positionner l'iPad Mini parmi les produits phares d'Apple, faisant ipso-facto mentir Steeve Jobs dont les propos de 2010 n'ont pas manqué d'être repris ici et là : "Les tablettes de 7 pouces sont des hybrides, trop grandes pour concurrencer un smartphone et trop petites pour concurrencer un iPad". Faux, il y a bel et bien marché pour elles, à tel point que cette déferlante marketing de besoins poussés chez le consommateur ferait frémir si elle ne nous procurait pas tant de plaisir dans cette accessibilité déconcertante au nomadisme.

Rien ne se perd... tout se transforme

Le secret ? Un positionnement ultra-premium, 308 grammes (peu ou prou la moitié de celui d'un iPad), 7,9 pouces particulièrement adaptés au sac à main et autres poches intérieures, une batterie qui n'a pas à rougir de ses performances, un système d'exploitation au mieux de sa forme et bien sûr 275 000 applications spécialement conçues pour l'iPad qui nous font, une fois encore, oublier l'absence de mini-USB. Tout iPad est donc là. Du confort, de la fluidité et de la réactivité, et une capacité inouïe à ringardiser ses concurrents. Et pourtant, face à ces sorties rythmées en vertu d'un calendrier plus commercial qu'innovant, face à une puissance de créativité qui s’essouffle légèrement, la marque sera-t-elle encore longtemps capable de susciter les plus grands espoirs et des élans de ferveur infinis ? Bref, si Apple veut rester une chapelle, il lui faudra encore mobiliser un peu plus ses fidèles et recouvrer ce souffle "aspirationnel" sans lequel aucun mythe ne saurait subsister.
Décembre 2012