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On aura tout vu : Fatale attraction

Tout ce qui brille n'est pas d'or ou de diamant, certes, mais notre attirance toute féminine pour ce qui scintille n'est pas une vue de l'esprit. La marque On aura tout vu manie avec brio les rouages de cette séduction immédiate et nous entraîne au pays des princesses qui ne se prennent pas la tête.

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On aura tout vu à Paris


À l'origine, On aura tout vu est un trio portugo/bulgare venu étudier à Paris au début des années 90, séduit par la capitale et décidé à s'installer pour monter une affaire. L'aventure débute en 98 sous le nom d'"Après la pluie". En fait d'orage, le seul qu'ait subi ce jeune label au potentiel créatif est le décès prématuré d'André de Sa Pessoa, disparu le 30 décembre dernier d'une tumeur au cerveau. Si cette disparition affecte ses deux partenaires bulgares, Livia Stoianova et Yassen Samouilov, la société n'est pas menacée car elle est régie par le partage des tâches. Livia vient du monde de l'art et Yassen a fait du stylisme auprès de Christian Lacroix. Chacun apporte son inventivité, son savoir-faire, sa contribution au développement commercial et sa part de naïveté. "Le nom On aura tout vu vient du fait que l'on est assez naïfs et que l'on suit nos rêves" explique Livia, la trentaine, personnage posé dont seul l'accent traduit les origines. "Je me sens 100 % Française" dit-elle en roulant légèrement les r. Leur show room de la rue de Montpensier, près du Palais Royal, est un entresol propret duquel se dégage une nostalgie pour le régime aristocratique. Pour preuve : l'immeuble est celui où habitait Rose Bertin, premier Ministre des Modes sous Marie-Antoinette, l'immense cage à oiseaux trônant dans l'entrée rappelle que la Reine autrichienne a introduit les perruches en France, et sur la plaque On aura tout vu est indiqué, entre humour et premier degré : "Maison fondée au XXe siècle". Mais ce qui frappe le plus, ce sont les vitrines emplies d'accessoires brillant de mille feux.


Avant la haute couture, les accessoires

Avant de se lancer dans la haute couture, On aura tout vu a commencé par une gamme d'accessoires, moins chère qu'une ligne de vêtements, et plus précisément par des boutons fantaisie, presque des bijoux, vendus aux grandes maisons (Dior, Givenchy, Rochas...). Cette spécialisation a permis d'ouvrir une première boutique au Palais Royal dans laquelle "il y avait tout dedans". Tout ? En tout cas, l'univers de créateurs qui ont su répondre aux attentes de la ville lumière en la couvrant d'étincellance, comme seules savent le faire les personnes allogènes, éblouies par les splendeurs de Paris (les Parisiens pure souche se la jouant souvent blasés). Pour l'hiver 02/03, On aura tout vu inaugure sa première collection haute couture. "La couture est un laboratoire de tendances, explique Livia. Un instant d'éternité où le créateur peut s'exprimer librement sans contraintes économiques. On va nous et vous étonner". Les contingences financières semblent à peine effleurer la marque qui s'autofinance, sans se plaindre - par pudeur ? Son premier défilé parisien est une installation à la galerie d'art Bernard Jordan, mais dès le deuxième, ils défilent en ON, comprenez qu'ils sont invités par la Chambre Syndicale à présenter leur collection aux côtés des plus grands noms.
"Défiler en ON a été possible grâce au parrainage de Christian Lacroix. Ça nous assure une notoriété et une visibilité vis-à-vis de la presse et des acheteurs internationaux" indique Livia, qui préfère passer entre deux grandes marques plutôt que tout seul, ailleurs et au même moment, par un mauvais hasard du calendrier (on la comprend).


Retour au pays des merveilles

Depuis, ses clientes viennent des USA, du Liban, de Russie, d'Italie ou du sud de la France, acheter des robes spectaculaires aux noms aussi oniriques qu'un film de Jean Cocteau : Cendrillon Chopard en écaille d'or, nuage irisé diamants, Vestido Viana de Castelo noir, véritable cascade de symboles scintillants , ou encore Tailleur-pantalon Arlequin période bleue, en lin décoré d'or... La magie post naïve de leur vocabulaire n'échappe à personne et, sur le podium, ce sont véritablement des fées vertes, reines de la nature, maîtresses de l'océan, princesses des oranges, lutins du beige et enfin Cendrillon toute d'or vêtue, qui empruntent la tribune de notre imagination enfantine. Mais ce qui reste à portée de mains (c'est le cas de le dire), ce sont les sacs en cuir de vache et cristal de Bohème, originaires de Tchéquie ou d'Autriche - comme les Swarovski -, parfois ornés d'émail et doublés de satin noir, fabriqués dans un atelier parisien et vendus entre 350 et 1000 euros. La majorité d'entre eux est destinée aux cocktails et soirées happy few, mais l'éventail s'agrandit et l'on met un 20/20 au sac blanc de jour, Gerbera, probable best seller de l'hiver prochain. Notre coup de chapeau va aux accessoires high-tech : clé USB (300 euros), souris d'ordinateur (même prix) écouteur téléphonique (450 euros), I POD (800 euros), web cam... customisés et habillés de cristaux. Cette technologie plutôt masculine s'adapte avec chic au glamour féminin : ainsi les écouteurs téléphoniques deviennent-ils de véritables boucles d'oreilles utilitaires ! Des briquets, miroirs et bijoux, sont également réinterprétés par la marque, si bien que l'on perdrait facilement la tête à force de voir tous ces brillants ! Telle une poésie de Paul Eluard, dont ils sont amateurs, le duo d'On aura tout vu nous transporte si bien que l'on a envie de paraphraser le poète en écrivant : "Je dédie ces accessoires à celles auxquelles ils ne feront pas tourner la tête et à celles qui ne succomberont pas à leur charme". 



Florence Julienne de Sourdis



                                                                                            Cet article est paru dans ENJOY n°1 
                                                                                                         

Octobre 2006