Voyage de charme aux Antilles à bord du Star Clipper
Amoureux de la mer
La nôtre sera plus intime. Une centaine de passagers seulement. Une cabine modeste mais confortable et un personnel entièrement dévoué. Dans son costume d’un blanc immaculé, notre responsable croisière nous accueille, coupes de champagne à la main. Il n’en faut pas plus pour séduire les plaisanciers. On croise ici des marins d’eau douce et des gens de la ville. Souvent retraités. Jamais sans le sou. Tous amoureux de la mer et du calme. Leurs histoires sont des poèmes et leurs passeports des cartes du monde aux visas improbables.
Pour cette première soirée à bord, le restaurant sert de lieu de rencontres. On s’échange les premiers mots, les premières impressions. Texas, Vancouver, Cuba, Paris, Rome,… Les passagers sont d’ici et d’ailleurs. Les verres s’entrechoquent dans une ambiance bon enfant. Le capitaine, suédois d’origine, la cinquantaine bien sonnée, souhaite la bienvenue au nom de l’équipage. Le repas est englouti. Le digestif se prend sur le pont. Le ciel est étonnamment étoilé. La première nuit à bord est un délice.
Programme alléchant
Au petit-déjeuner, le personnel est indien, philippin, italien ou britannique. A bord, toutes les langues se parlent. Les retraités ont coutume de se lever tôt avec entrain et bonne humeur. Les plus jeunes, la trentaine, fraîchement mariés, tentent d’émerger après une nuit légèrement agitée. Les visages sont enjoués et le programme de la semaine alléchant. Nous débuterons notre croisière par une escale à Nevis, poursuivront vers Dominique, l’île des Saintes, la Guadeloupe puis Antigua et enfin Saint-Barthélemy. A chaque étape de notre voyage, nous embarquerons tels des boucaniers sur de robustes zodiacs secoués par les flots avant de rejoindre la terre ferme les pieds dans l’eau.
A notre table siègent un couple de retraités de la côte Ouest, le pas hésitant mais l’oeil toujours vif, et un octogénaire australien, la moustache coupée de près, le short trop long, qui vous tient le bras en vous glissant à l’oreille qu’il ne pensait pas qu’il s’amuserait autant. Insatiables voyageurs, gourmands de la vie. Ils ont le temps. Tout leur temps.
Hisser les voiles
Le voyage est rythmé par les repas servis en buffet. Parfois, durant la nuit, la pluie bat tambour contre le hublot d’où l’on voit passer des cargos de haute mer. Chaque soir, les passagers se rassemblent sur le pont, accoudés au bastingage, afin d’assister au même cérémonial. De vaillants marins hissent les voiles sous un air de Vangelis. Les treuils s’animent, les cordes se tendent, grincent, gémissent et le voilier s’ébranle. Certains lisent. D'autres boivent, dansent, bavardent. Aiment nuitamment sur le pont du vaisseau.
Dominique, Guadeloupe, Antigua…les escales se succèdent. Nous doublons de paresseux vaisseaux de pêche en bois peint glissant en silence sur l’eau turquoise. Les îles égrappent leurs plages de sable blanc et leurs solitaires hameaux multicolores lovés dans un écrin de verdure. Au terme de sept jours de navigation, le Star Clipper accoste enfin à Saint-Martin, notre escale de départ. Le temps d’un dernier déjeuner et d’une dernière balade sur le pont avec cette même promesse: revenir un jour tutoyer le Star Clipper.




