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Rubens, Portraits Princiers

Nous connaissons tous Rubens. Pierre Paul Rubens, né en 1577 et mort à Anvers en 1640. Nous avons aussi admiré les 24 magnifiques tableaux exposés au Louvre et commandés par Marie de Médicis pour son Palais du Luxembourg. C’est dans cet écrin royal que l’exposition « Rubens, Portraits princiers », prend naturellement sa place. Suivons le dans son parcours, tel un album de famille.

Une éducation humaniste et une expérience italienne



Rubens nait dans une famille aisée avec un père juriste. Il reçoit une éducation humaniste et sert un temps comme page auprès d’une grande dame flamande. Deux atouts qui vont lui permettre de se comporter au sein d’une cour. De 1600 à 1608 en Italie, Rubens étudie les œuvres des grands maîtres et est rapidement employé comme portraitiste et peintre de cour par Vincent de Gonzague, Duc de Mantoue. Ce dernier l’envoie par exemple à Florence assister au mariage de Catherine de Médicis ou apporter des cadeaux diplomatiques à la cour d’Espagne.

Ferdinand de Gonzague infant de Mantoue (élément de la Pala avec la famille Gonzague en adoration devant la Trinité) - 1604-1605

A la cour de Bruxelles

Rentré fin 1608 pour être auprès de sa mère malade, il devient le peintre attitré des souverains des Flandres. C’est à cette époque que Rubens va réaliser les effigies officielles de l’archiduc Albert (Habsbourg branche autrichienne, donc impériale) et l’archiduchesse Isabelle Claire Eugénie (fille du roi d’Espagne Philippe II). Des tableaux qui montrent aussi les liens très proches qu’il tisse avec eux.

L’Infante Isabelle Claire Eugénie - Vers 1615

Rubens à Madrid

C’est d’ailleurs Isabelle Claire Eugénie qui envoie Rubens à Madrid pour des activités diplomatiques et pour qu’il peigne les membres de la famille royale. Il y peindra Philippe IV de nombreuses fois et rencontrera Vélasquez, peintre officiel du roi.

Philippe IV, roi d’Espagne

Une reine et un peintre

Rubens rencontre Marie de Médicis en 1621. L’image publique de la reine à ce moment-là est contrastée car elle a eu de nombreux conflits armés avec son fils le futur roi Louis XIII. Elle commande alors au peintre un cycle de 24 tableaux qui décoreront une galerie de son palais du Luxembourg. Destinés à magnifier son image, ces tableaux mêlent événements historiques et allégories.



Artiste protéiforme, peintre des princes, prince des peintres, Rubens révèle une œuvre gigantesque où l’art du portrait rend illustres et vivants les personnages puissants et prestigieux de son temps. Quand en 1623 un courtisan veut offrir au Prince de Galles, futur Charles 1er d’Angleterre un tableau de la main de Rubens, c’est un autoportrait de Rubens qu’il reçoit, tableau qui reflète l’orgueil mais surtout la renommée du peintre.

Autoportrait, 1623
Octobre 2017
Par Hélène Feltin
museeduluxembourg.fr
Jusqu’au 14 janvier 2018