L’essentiel est-il invisible aux yeux ? La Chine ne se dit pas, elle se perçoit.
Marc Riboud l’a compris : «
Là-bas, plus encore qu’ailleurs peut être, les époques différentes coexistent, les émotions se lisent sur les visages. Je ne me lasse pas d’y observer la permanence des choses survivant à l’évolution la plus rapide et je suis curieux de voir si ce pays « plus vieux que l’histoire » ne va pas devenir le plus jeune de tous ». Démonstration en 60 photos exposées à l’espace culturel des «
Quais Hennessy », autour de trois thèmes aux titres un brin pompeux : «
Topographies du réel, topographies imaginaires», «Construction du corps social,
déconstruction des mythes», «Écrire l’histoire, à l’encre des quotidiens». Mais qu’importent les mots, quand les
images sont d’une telle force ?
Le plus grand photographe de la Chine Marc Riboud est sans doute le plus grand photographe de la
Chine, qu’il parcourt régulièrement depuis l’année 1957. Autant dire qu’il n’a pas attendu la mode du
fengshui pour s’intéresser à ce pays.
Son regard, c’est celui d’un jeune homme qui a saisi ses premiers clichés dès 1937 lors de l’
Exposition Universelle de Paris, d’un homme qui a combattu dans le
Vercors, d’un photographe qui a publié sa première photographie dans la presse avec Le peintre de la
Tour Eiffel - aussi célèbre que les amants de l’
Hôtel de Ville - c’est aussi celui d’un reporter de l’agence
Magnum qui a témoigné de toutes les grandes évolutions du monde actuel. Couronné de multiples prix
internationaux, il a reçu en 2010 le Prix International
Albert Kahn, pour avoir contribué par son travail au « respect des autres cultures et à la non-violence entres les peuples par l’outil du savoir ». Chapeau bas,
Monsieur Riboud !