      | Il y recevait les commandes les plus absurdes (troupeau de moutons, mouches des Tuileries...) et y faisait promener son homard fétiche par son chasseur, c'est décidément peu dire que les séjours répétés de Dali au Meurice ont marqué pour l'éternité le plus ancien des palaces parisiens ! Pour goûter à la gastronomie de celui-ci, SANS excès et 100% saveurs, et gagner un dîner pour deux au Dali, dites-nous, en quelques mots, quelle est l'image la plus décalée qu'ait imprimée sur vous le surréalisme. A vos cadavres exquis ! Le snacking version Meurice...
Il fallait une halte gastronomique "moins étoilée" que les cuisines de Yannick Alleno, mais aussi parvenir à immortaliser, sans le "muséifier", l'esprit farfelu et génialement décalé du surréaliste. Résultat : c'est bien sûr la famille Starck qui a relevé le défi, composant un décor d'une douce extravagance pour accueillir le restaurant ludique et gourmand du Meurice, sobrement baptisé Le Dali. Au rayon des inoubliables incongruités : Le Fauteuil Cygne évoquant une peinture originale de Dalí où cygnes et troncs d’arbres se reflètent dans l’eau d’un lac composant des silhouettes d'éléphants, la Chaise aux pieds-escarpins dessinée par Dali lui-même ou encore la lampe "Muletas" à tiroirs, symbole de la conscience de l'Homme, et le homard délicatement posé sur un téléphone. Le must du Dali ? L'immense toile onirique de quelque 145 m2 dessinée par la fille du designer, Ara, dont les couleurs chaudes, entre ocre et doré, vous transportent illico dans un univers fantasque et envoûtant.
"La beauté sera comestible ou ne sera pas !"
Avec son sens inégalé de la formule, Salvador Dali avait déjà, probablement, posé les prémisses du restaurant parisien. Car, dans cet univers chic et ludique, aucun doute, le goût est de rigueur ! Entre le "Médaillons de lotte à la confiture d’algue, la Fricassée de calamars au piment d’Espelette et quartiers d’artichauts" mais aussi "les Goujonnettes de sole et coquillages, petits légumes vapeur et autre Salade d’Aloé Véra au pamplemousse rose," Yannick Alléno joue la carte des saveurs tout en respectant les organismes épris de fraîcheur et de légèreté. Une excellente adresse.
Février 2011 |